Solidaires des athlètes, les dirigeants des organismes antidopage réclament une réforme plus profonde et rapide à l’AMA

  • Les dirigeants des organismes antidopage du monde saluent la réforme entreprise par le nouveau président de l’AMA et espèrent collaborer avec la direction de l’Agence pour l’aider à devenir plus forte et indépendante, comme le souhaitent les athlètes.
  • Quatre ans après la publication de la Déclaration de Copenhague – le plan de réforme faisant suite au scandale de dopage russe –, les dirigeants estiment à la lumière d’événements récents que les changements doivent être plus profonde et rapide.
  • Ils demandent à l’AMA, à titre d’organisme mondial de réglementation, d’enquêter sérieusement sur le récent congédiement du directeur général de la RUSADA, Yuri Ganus, afin de déterminer si des dirigeants sportifs se sont ingérés dans les décisions et les activités d’une organisation antidopage indépendante.
  • Enfin, les dirigeants ont discuté des profondes répercussions de la COVID-19 sur les programmes de contrôles dans le monde entier. Ils se sont engagés à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour éviter toute atteinte aux droits des athlètes propres qui se préparent pour les Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo de l’été prochain.

(Ottawa, Ontario – le 3 septembre 2020) – Lors d’une réunion virtuelle en deux parties, tenue cette semaine à l’occasion du quatrième anniversaire de la Déclaration de Copenhague (en anglais seulement), publiée dans la foulée du rapport McLaren sur le dopage d’État en Russie, les dirigeants ont réitéré leur soutien à l’Agence mondiale antidopage (AMA), en souhaitant qu’elle aille « plus vite et plus loin » dans sa réforme antidopage.

Le président de l’AMA, Witold Bańka, avait été invité à prononcer le mot d’ouverture. Même s’ils saluent la réforme entreprise par l’AMA, les dirigeants estiment que le consensus obtenu par 17 organisations nationales antidopage [dans la Déclaration de Copenhague] le 30 août 2016 demeure la voie à suivre, surtout en ce qui concerne la nécessité d’accroître les pouvoirs de l’AMA et son autonomie par rapport au mouvement sportif. Selon eux, il serait tout aussi important d’inclure des organisations nationales antidopage (ONAD) et des athlètes indépendants dans les structures décisionnelles de l’Agence. Les connaissances et avis de ces parties prenantes contribueront aux efforts de l’AMA pour éradiquer le dopage dans le sport.

Les dirigeants ont réitéré cette semaine leur appui sans réserve à la Déclaration de Copenhague, qui propose entre autres d’améliorer ce qui suit :

  • l’autonomie de l’AMA et du système antidopage, en particulier celle des organismes sportifs;
  • la gouvernance et la transparence à l’AMA;
  • l’encouragement, le soutien, la reconnaissance et la protection des lanceurs d’alerte;
  • les pouvoirs d’enquête et de sanction.

Il a aussi été question de la situation à l’Agence antidopage de Russie (RUSADA), où un expert indépendant mandaté pour superviser l’Agence a démissionné du conseil d’administration et voté contre le congédiement du directeur. Les dirigeants affirment que ce guêpier risque d’anéantir les progrès des dernières années.

« Pour fonctionner efficacement et regagner la confiance perdue ces dernières années, les organisations antidopage doivent jouir d’une indépendance complète et être à l’abri de toute ingérence indue, comme l’exige le Code de l’AMA, précisent-ils.

« Les dirigeants encouragent l’AMA à se montrer ferme et à s’assurer, comme l’exige le Code, que l’indépendance et l’autonomie complètes et soutenues de la RUSADA restent une condition préalable à son retour à la conformité. Les athlètes propres doivent avoir l’assurance que des contrôles rigoureux et conformes sont en place en Russie en vue des Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo.

« Aujourd’hui, quatre ans après la Déclaration de Copenhague, nous faisons front commun pour demander à l’AMA d’être ferme et de prendre des mesures concrètes pour rappeler aux athlètes du monde entier que les cas potentiels d’ingérence indue n’ont pas leur place dans la lutte antidopage moderne. »

Se réunissant pour la deuxième fois cette année, les dirigeants ont discuté des répercussions de la pandémie mondiale de COVID-19 sur le système antidopage, notamment de l’important déclin des contrôles à l’échelle mondiale.

« Le recul des contrôles dans le monde [en raison de la COVID-19] est extrêmement contrariant pour nous tous, surtout pour les athlètes. Nous comprenons les appréhensions des athlètes propres, et c’est pourquoi nous prônons une intensification des contrôles antidopage en vue des Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo 2020, et ce, dès la reprise complète des activités. Comme les stratégies antidopage ratissent de plus en plus large – le mouvement ne repose plus uniquement sur les contrôles –, la pandémie mondiale n’est pas et ne doit pas être considérée comme un “sauf-conduit au dopage” », ajoutent-ils. 

Les dirigeants se sont collectivement engagés à encourager des modes de contrôles inédits et novateurs, en préconisant entre autres l’analyse de gouttes de sang séché, dont le président de l’AMA a fait l’éloge dans son mot d’ouverture. 

La présente déclaration est appuyée par les organisations nationales antidopage des pays suivants : Afrique du Sud, Allemagne, Canada, Danemark, États-Unis, Finlande, France, Irlande, Japon, Lettonie, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Pologne, Royaume-Uni, Suède, et la Suisse.

À propos du CCES

Le Centre canadien pour l’éthique dans le sport (CCES) est l’organisme national indépendant et à but non lucratif responsable de l’administration du Programme canadien antidopage. Nous reconnaissons que le sport sain peut faire une grande différence pour les individus, les communautés et notre pays. Le CCES reconnaît être subventionné en partie par le gouvernement du Canada. Nous nous engageons à bâtir un sport meilleur en travaillant en collaboration en vue d’activer un système sportif axé sur des valeurs et des principes; de protéger le sport des forces négatives du dopage et d’autres menaces contraires à l’éthique; et de faire la promotion d’un sport juste, sécuritaire et ouvert à tous.

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Renseignements :

Megan Cumming
Gestionnaire des communications corporatives
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