Le CCES raffine son arsenal antidopage grâce au programme du Passeport biologique de l’athlète

(Ottawa, Ontario – Le 23 juin 2011) – Le Centre canadien pour l’éthique dans le sport a entrepris le suivi à long terme des résultats d’analyse des échantillons des athlètes. Les organisations antidopage du monde entier s’accordent pour voir dans le passeport biologique, la mesure contre le dopage sportif la plus prometteuse à ce jour.

Le programme de Passeport biologique de l’athlète ou PBA est maintenant harmonisé à l’échelle internationale par l’Agence mondiale antidopage (AMA). Depuis 2010, les lignes directrices de l’AMA énonçant les exigences à respecter pour la collecte, le transport et l’analyse des échantillons sanguins, ainsi que pour la gestion des résultats sont intégrées au Programme canadien antidopage (PCA). Si d’autres organismes de sport, notamment l’Union cycliste internationale (UCI) recueille ce type de données depuis un certain temps, le Centre canadien pour l’éthique dans le sport est l’une des premières organisations nationales antidopage à mettre en œuvre les nouveaux protocoles harmonisés de l’AMA. Le programme du Canada a été présenté lors du Symposium de l’AMA pour les organisations antidopage, en mars 2011, à Lausanne en Suisse, comme l’un des meilleurs programmes nationaux dans le monde.

À ce jour, le passeport biologique a servi à démontrer plusieurs violations aux règles antidopage dans plusieurs cas internationaux. Deux cas visant des athlètes de  l’UCI ont pu être tranchés grâce au programme PBA qui a résisté à toute contestation juridique et scientifique.

Le passeport biologique est considéré une méthode valide et fiable pour dépister indirectement le dopage. Il s’agit en gros de dossiers électroniques que les organisations antidopage peuvent utiliser pour suivre des paramètres spécifiques du sang et de l’urine dans les échantillons recueillis aux fins de contrôle de dopage et établir pour le sang le profil hématologique et pour l’urine le profil stéroïdien « normaux » d’un athlète donné. Cela permet aux experts de dépister les marqueurs physiologiques du dopage et en déduire qu’il y a eu dopage quand rien ne révèle directement l’utilisation d’une substance ou d’une méthode interdite dans un échantillon. Certaines substances, songeons à la multiplication sous forme de synthèse de l’érythropoïétine (EPO) servant au dopage sanguin, sont de plus en plus difficile à dépister. Certaines méthodes, comme l’autotransfusion de sang par un athlète, ne peut être décelée que par des marqueurs secondaires. Le passeport biologique est la réponse directe aux plus récentes techniques de dopage.

Cette approche marque une transition vers le ciblage plus intelligent des contrôles et leur concentration  dans les sports les plus à risque sans compter que les résultats des passeports pourront servir à soumettre des athlètes particuliers à un suivi plus étroit. Le passeport biologique permettra aussi une meilleure affectation des ressources et une meilleure concertation des efforts déployés par les organisations antidopage et les fédérations sportives internationales. Le Centre canadien pour l’éthique dans le sport a déjà conclu une entente avec l’UCI pour la mise en commun des données sur les passeports, entente qui nous aidera à suivre plus étroitement les cyclistes canadiens en tout temps où qu’ils se trouvent dans le monde et à réduire le dédoublement des contrôles.   

Les athlètes canadiens ne devraient pas noter de changements majeurs à notre programme. Les premiers athlètes ont été sélectionnés pour le programme de passeport biologique en novembre 2010 et des échantillons seront prélevés tout au long de leur carrière sportive. Les athlètes canadiens sélectionnés en vue d’un contrôle de dopage ne doivent pas être étonnés d’avoir à fournir un échantillon de sang et un échantillon d’urine et à répondre à un court questionnaire leur demandant de déclarer par exemple leur entraînement en altitude ou un don de sang, car ces facteurs pourraient avoir une incidence sur leurs variables sanguines.

Tous les résultats des contrôles seront versés dans une base de données et pourront être de nouveau évalués dès que de nouvelles techniques d’analyse verront le jour. Suivant les règles de l’AMA, ces  données pourront être conservées au maximum pendant huit ans. Les athlètes qui ne se dopent pas pourront utiliser leurs profils pour démontrer hors de tout doute qu’ils ne se dopent pas; les athlètes qui se dopent doivent se le tenir pour dit : tôt ou tard la preuve de leur dopage sera établie.

Le Centre canadien  pour l’éthique dans le sport est un organisme national indépendant et à but non lucratif. Nous reconnaissons que le sport sain peut faire une grande différence pour les individus, les collectivités et notre pays. Nous avons pris l’engagement de travailler en collaboration à activer un système sportif basé sur des valeurs et animé par des principes; à protéger l’intégrité du sport des forces négatives du dopage et d’autres menaces non éthiques; et à défendre le sport juste, sécuritaire et ouvert à tous. 

 

Pour de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec :

Rosemary Pitfield
Directrice, Opérations exécutives et Affaires publiques
613 355-0889
613 521-3340, poste 3236
rpitfield@cces.ca 

 

(Also available in English)