Vous pouvez participer à la lutte contre le dopage dans le sport

Au cours des dernières années, le Code mondial antidopage a été révisé grâce à un travail d’étroite collaboration entre les divers intervenants et signataires de partout dans le monde. Les changements suggérés seront approuvés ce novembre en Afrique du Sud, et le nouveau Code révisé entrera en vigueur en janvier 2015. 

Pendant la période de consultation, divers événements ont ébranlé le monde du sport, notamment le scandale de dopage de Lance Armstrong, qui a permis de dévoiler le réseau sophistiqué d’athlètes, d’entraîneurs, de médecins et d’intervenants qui améliorait et appuyait le programme antidopage s’adressant aux membres de l’équipe cycliste de la US Postal Service. Cette conclusion confirme ce que nous avons toujours su : les athlètes qui se dopent le font rarement, voire jamais, seuls. 

Pourquoi, alors, la majorité des violations des règles antidopage concerne-t-elle les athlètes? Je ne veux pas sous-entendre que les athlètes sont de simples victimes du dopage dans le sport, mais plutôt que s’ils agissent rarement seuls, les personnes qui facilitent le dopage dans le sport, les maillons de la prétendue « chaîne d’approvisionnement », agissent surtout en toute impunité. Nous devons déployer plus d’efforts pour empêcher les athlètes d’accéder à des substances et à des méthodes interdites, pour attraper et punir ces maillons. 

Comment y parvenir? Eh bien, l’importance de recueillir des renseignements dans le but d’améliorer nos contrôles de dopage et d’effectuer des enquêtes liées au dopage à l’aide de différents moyens a suscité beaucoup d’intérêt, incluant l’obtention de renseignements auprès des agences des services frontaliers en matière d’importation de substances interdites et des agences d’application de la loi en matière de saisie de drogues et de substances interdites. Généralement, les deux sources fournissent le nom des individus ayant participé à des activités illégales d’importation et de trafic de drogue, mais ce qui peut être encore plus important, c’est qu’elles divulguent des renseignements sur la personne à qui les substances interdites s’adressaient ainsi que l’endroit. Ces sources sont et continueront d’être cruciales pour notre lutte contre le dopage dans le sport. 

Cependant, peut-être existe-t-il une source immédiate et valable de renseignements en grande partie inexploitée jusqu’à présent : les athlètes. Qui est mieux placé, ou du moins sait si des athlètes se dopent, qu’un athlète? Jusqu’à maintenant, les athlètes se sont tuent. Se sont-ils empêchés de parler de peur des représailles de la part des autres athlètes ou selon la fausse croyance que fournir des renseignements serait considéré comme une « dénonciation » de leurs confrères athlètes? Avons-nous besoin d’un outil anonyme visant à encourager les athlètes à fournir ces renseignements primordiaux? 

Le nouveau Code mondial antidopage traitera de ce problème jusqu’à un certain point en réduisant la sanction imposée aux athlètes impliqués dans un cas de dopage qui fourniront des renseignements (« aide substantielle »). Cela encouragera les athlètes impliqués dans un cas de dopage à fournir des renseignements sur les autres personnes impliquées, et surtout, sur les maillons de la chaîne d’approvisionnement. Mais le nouveau Code n’encouragera pas nécessairement les athlètes qui ne se dopent pas à partager ce qu’ils savent ou soupçonnent. Chaque pays, ses organismes de réglementation des sports et ses organismes nationaux antidopage doivent élaborer des moyens pour y parvenir. 

Afin d’établir les conditions idéales pour divulguer des renseignements importants sur notre système sportif, le Centre canadien pour l’éthique dans le sport (CCES) vient de lancer le service Signalez le dopage (1-800-710-CCES). Le CCES conseille vivement aux athlètes, aux entraîneurs, au personnel de soutien et aux autres intervenants d’utiliser le nouveau service anonyme d’assistance téléphonique s’ils désirent partager des renseignements sensibles en matière de dopage. Pour en savoir davantage sur le service d’assistance téléphonique pour signaler les cas de dopage, consultez http://cces.ca/fr/news-249-intelligence-based-anti-doping-efforts-in.

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