Le rapport des inspecteurs des aliments canadiens réaffirme le risque au niveau des suppléments

 

(Ottawa, Ontario – le 6 mai 2005) – À la lumière de récentes annonces médiatiques concernant un rapport des inspecteurs des aliments canadiens concluant que la plupart des produits de nutrition dans le sport enfreignent les règlements fédéraux, le CCES aimerait rappeler aux athlètes et à la communauté sportive de solliciter des avis professionnels avant de consommer des suppléments et des aliments pour athlètes. 

Une opération éclair nationale menée l’automne dernier par l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) révèle que, parmi un échantillonnage de 165 substituts de repas et suppléments nutritionnels achetés auprès de commerces de détail à la grandeur du pays, 71 % ne respectaient pas les lois canadiennes concernant l’étiquetage et le contenu.  Certaines étiquettes de produits ne présentaient pas les renseignements nutritionnels ou les dates de péremption, ou présentaient des allégations relatives au produit qui ne sont pas permises. Certains produits contenaient des ingrédients prohibés et enfreignaient les règlements gouvernementaux en ce qui touche la composition des produits. ( « Most nutrition products break federal regulations, » Paul Waldie, Globe and Mail, 2 mai 2005, http://www.theglobeandmail.com/servlet/story/RTGAM.20050502.wxfood02/BNStory/National/.) 

Le plus récent rapport confirme l’assertion de longue date du CCES à l’effet que le contenu et l’étiquetage de nombreux suppléments et aliments pour athlètes sont douteux tout au moins. Par conséquent, il est très difficile pour les athlètes et le personnel de soutien des athlètes de distinguer les suppléments sans dopage, qui ne présentent aucun danger et qui sont efficaces. 

Jusqu’à ce que des efforts soient mis en place par les responsables de la réglementation afin d’assurer un étiquetage approprié et l’énumération des ingrédients, le CCES doit continuer d’aviser les athlètes quant aux risques entourant l’utilisation des suppléments. Les athlètes qui font usage de suppléments courent le risque de produire un échantillon qui donne lieu à un résultat d’analyse anormal et de violer les règlements antidopage.

Les athlètes qui choisissent d’utiliser des suppléments peuvent aider à gérer les risques existants, concernant l’utilisation de suppléments, en prenant les mesures suivantes :

  1. Toujours rechercher des conseils professionnels avant de consommer des suppléments. Les médecins d’équipe et les nutritionnistes de sport sont d’excellentes ressources qui peuvent être contactés par l’entremise de votre organisme de sport ou par les Centres nationaux multisport canadien.  Si ces professionnels ne vous sont pas accessibles, vous devriez rechercher les conseils d’un pharmacien.

    Toujours s’assurer que les professionnels connaissent les risques associés à l’utilisation de suppléments et qu’ils examinent la Liste des interdictions de l’Agence mondiale antidopage (AMA) avant de fournir des conseils.  Le Livret de classification des substances du CCES applique la liste de l’AMA au marché canadien et peut être téléchargé à l’adresse suivante :
    www.cces.ca/pdfs/CCES-PUB-SubstanceClassification-F.pdf.

  2. Examinez si vous avez vraiment besoin d’un supplément en déterminant si vous avez d’autres options telles qu’un changement à votre diète ou votre programme de nutrition.
  3. Ne jamais utiliser un supplément parce qu’un collègue ou un compétiteur l’utilise ou le recommande.
  4. Ne pas débuter ou modifier un régime de suppléments à la veille d’une compétition majeure à moins que vous n’ayez consulté un professionnel.
  5. Les suppléments forment dans une vaste gamme de variétés, et le niveau de risque est moindre à une extrémité du spectre et beaucoup plus élevé à l’autre extrémité. Les vitamines et les minéraux présentent une préoccupation moindre que les produits qui s’appuient sur des avantages au niveau du rendement (exemple : aide la musculation, aide à brûler les calories). Parmi les exemples de substances qui sont bannies et qui peuvent apparaître dans les suppléments de temps à autre, on retrouve : DHEA, Éphédrine, Androsténédione/diol, amphétamines et Ma Huang.
  6. Il existe toujours un risque accru de dopage lorsque les suppléments sont achetés selon des moyens non traditionnels tels que : sur l’Internet, par l’entremise de revues ou directement d’un fournisseur non autorisé. Les produits achetés d’un fournisseur fiable ou directement d’une entreprise réputée sont habituellement associés à un risque moins élevé de dopage par inadvertance. Dans la mesure du possible, déterminer si le manufacturier offre des produits contenant des substances qui se trouvent sur la liste des interdictions de l’AMA – dans l’affirmative, il pourrait y avoir un plus grand risque de contamination croisée entre les produits. Si vous avez un choix de fournisseurs, choisir un produit d’une compagnie qui fabrique aussi des produits pharmaceutiques préférablement à une qui est inconnue.
  7. Toujours respecter le dosage recommandé et la façon de consommer tels qu’indiqués sur l’étiquette du produit. Apporter une attention toute particulière aux interactions négatives éventuelles si l’on consomme plus d’un supplément nutritionnel en même temps. Utiliser les produits de supplément nutritionnel tout comme vous le feriez avec des médicaments en vente libre – par exemple, si la dose recommandée est un comprimé, l’utilisation de deux ou plus pourraient ne pas être avantageuse, inhibitrice et même dangereuse.
  8. Maintenir un dossier de l’utilisation de suppléments (tout comme votre cahier d’entraînement), y compris les numéros de groupe ou de lot du produit et le moment de la consommation. Toujours conserver une petite quantité de chaque contenant de suppléments advenant qu’il survienne un problème exigeant que le produit fasse l’objet d’un examen. Même si la tenue de ces renseignements ne pourra pas être utilisée en tant que défense valable dans un cas de violation des règlements antidopage, vous pourriez avoir suffisamment de preuve pour exiger une compensation du manufacturier.
  9. Vérifier si le manufacturier est prêt à répondre de son produit si jamais il y avait une violation des règlements antidopage. Le manufacturier offre-t-il une certaine forme de garantie ou de compensation ?  Quelle preuve le manufacturier exige-t-il pour que vous ayez droit à une telle compensation ? Si le manufacturier offre une garantie, toujours obtenir une lettre de confirmation signée par un administrateur senior de la compagnie.
  10. Les manifestations d’envergure telles que les Jeux olympiques et paralympiques sont une excellente occasion de souligner la nécessité d’une utilisation prudente de suppléments. Dans la mesure du possible, utiliser votre expérience lors de ces événements afin de parler aux personnes occupant des postes d’influence quant à l’importance de solutions pratiques et concrètes afin de réduire le risque auprès des athlètes.

Le CCES est un organisme indépendant, national et sans but lucratif. Notre mission, soit la promotion de l’éthique dans tous les aspects du sport au Canada, se réalise grâce à la recherche, la promotion, l’éducation, la détection et la dissuasion, ainsi que par divers programmes et partenariats avec d’autres organismes. 

Pour plus de renseignements, veuillez communiquer avec Claire Buffone-Blair,
gestionnaire régionale, développement du système sportif, au (403) 471-6378.

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