Sommes-nous au point mort ou allons-nous de l’avant? (2e partie)

23 juin 2015
Sprinters explore off the start line

Hier, nous avons analysé les conséquences que le dopage peut avoir sur le sport et ce qui a mené à la Commission Dubin. Aujourd’hui, nous étudierons comment le Canada a réagi et où nous en sommes aujourd’hui :

Le Canada a pris Justice Dubin au sérieux. Nous ne pouvions plus, à titre de pays et de communauté sportive, ignorer le dopage. Nous nous engagions à aller de l’avant. Nous cherchions à nous approprier le podium, mais de la bonne façon. Le Canada ne voulait plus revivre le traumatisme de 1988!

Par conséquent, le pays s’est retroussé les manches et a mis sur pied une démarche pour lutter contre le dopage qui a été adoptée partout dans le monde. Le Centre canadien pour l’éthique dans le sport (CCES) travaille en étroite collaboration avec le gouvernement du Canada, les gouvernements provinciaux et territoriaux ainsi qu’avec les organismes nationaux directeurs de sport afin de gérer le Programme canadien antidopage (PCA), conformément au Code mondial antidopage (Code). Le PCA a été soigneusement élaboré pour protéger nos athlètes et leur droit à prendre part à des compétitions saines.

Le 1er janvier 2015, un nouveau Code est entré en vigueur dans plus de 200 pays et a été adopté par 70 organismes internationaux directeurs de sport. Le gouvernement canadien et les organismes nationaux de sport sont fiers d’adopter le Code.

Nos premières expériences suggèrent qu’au Canada, le Code de 2015 permet de détecter encore plus efficacement les tricheurs qui se dopent. Après cinq mois, soit depuis le 1er janvier 2015, nous comptons déjà plus de cas actifs de dopage qu’au cours d’une année régulière. C’est la preuve que bien que nous ayons réussi à offrir un sport plus sain à nos athlètes, nous ne pouvons pas gagner la lutte contre le dopage à court terme. Le risque de dopage demeure présent. Il est réel et peut nuire encore plus que jamais. Nous devons réagir.

Alors, nous ne pouvons pas uniquement nous contenter de dépister les tricheurs qui se dopent; nous devons investir dans la prévention du dopage. Nous devons collaborer avec notre système sportif communautaire pour inculquer à nos jeunes athlètes, de manière délibérée et intentionnelle, les valeurs qui leur permettront de faire le bon choix, le choix sain, quand ils subissent la pression pour se doper. Ce type d’éducation fait partie des nouvelles exigences du Code mondial de 2015 et on y fait également référence dans la Politique canadienne du sport de 2012 à titre de sport axé sur des valeurs. Il est communément appelé Sport pur au Canada.

Depuis 1988, un progrès notable a été réalisé, mais le risque de dopage est toujours présent. À la veille d’accueillir nos voisins panaméricains, nous devons réagir et nous engager envers le sport sain. Nous devons continuer d’aller de l’avant.

Alors que nous visons le podium, nous devons nous assurer d’avoir consacré les ressources appropriées pour y parvenir correctement. Nous n’avons pas à nous excuser de vouloir nous approprier le podium à l’échelle internationale ni d’y arriver sans nous doper. Peu importe l’événement sportif, notre performance, tout comme notre caractère, est jugée.