Sommes-nous au point mort ou allons-nous de l’avant ? (1re partie)

22 juin 2015
Baton is passed to another runner during a relay race

Les intervenants de l’industrie du sport comprennent bien les coûts liés au statu quo par rapport aux avantages de progresser. Nous ferions mieux de ne pas oublier ce conseil tactique quand nous réagissons au tort que le dopage cause au sport. Quand les athlètes trichent en se dopant, ils se compromettent et causent préjudice à leur sport et aux autres athlètes. Ils nuisent également aux individus, aux collectivités et au pays qui les encourage.

Alors que le Canada se prépare à accueillir les Jeux panaméricains et parapanaméricains de 2015 à Toronto, notre nation encouragera une fois de plus les athlètes canadiens à se surpasser, comme elle l’a fait pendant les Jeux de 2010 à Vancouver. Les Jeux de Toronto nous motiveront-ils, nous inspireront-ils et nous uniront-ils autant que les Jeux de Vancouver ? La réponse dépend considérablement de la présence du dopage pendant ces Jeux, car telle est l’ampleur du tort que le dopage peut causer. Par conséquent, il est temps d’évaluer le progrès du Canada en matière de dopage : d’où sommes-nous partis, où en sommes-nous et jusqu’où irons-nous ? Nous devons nous poser la question, à titre de communauté sportive et comme pays : la situation actuelle nous satisfait-elle ou nous engageons-nous à aller de l’avant pour protéger le droit de nos athlètes à un sport sain ?

Les Jeux olympiques de 1988, à Séoul, et la descente aux enfers de Ben Johnson représentent un point déterminant pour le Canada et le sport dans ce pays. Ce moment charnière a non seulement remis en cause notre engagement envers le sport sain, mais également le caractère même de notre pays. Elle a donné lieu à la Commission Dubin et au point de vue percutant de Justice Dubin : le dopage au Canada a ses racines dans un système sportif qui a perdu toute référence morale. Plusieurs croyaient fermement à l’époque que rien n’importait plus que la victoire.

Justice Dubin a mis au grand jour cette croyance absurde et nous a lancé le défi de confronter la réalité :

« Si gagner une médaille d’or pendant une compétition olympique est la seule réalisation digne de reconnaissance, alors tout est permis pour gagner. Une telle proposition est absolument inacceptable. Je ne crois pas que nous devions maintenant viser la médiocrité, mais plutôt la vraie excellence et non la victoire vide du tricheur ! »

Demain, nous étudierons la réaction du Canada à la Commission Dubin et où nous en sommes aujourd’hui.