Santé vs richesse : les commotions cérébrales sont-elles devenues le nouveau tabac?

30 janvier 2014

Il y a plusieurs années, l’industrie du tabac a dû faire face à l’accumulation des preuves médicales démontrant le tort que les produits du tabac causaient à leurs usagers. Devant cette démonstration, l’industrie avait deux choix : soit de cesser de fabriquer un produit qui tuait chaque année des millions de personnes, soit de continuer à vendre ses produits en tentant de confondre et de duper les consommateurs de tabac à propos des preuves médicales. Comme nous le savons tous, l’industrie a choisi la seconde option. Les compagnies de tabac ont préféré l’argent à la santé.

Mais maintenant, les compagnies de tabac sont forcées de s’attaquer au problème de la santé de leurs clients et font face à des poursuites en recours collectif de la part des familles de ceux qui sont morts des suites de leur consommation de tabac. La réglementation gouvernementale oblige l’industrie à informer adéquatement ses clients sur les dangers pour la santé associés aux produits du tabac, et ce, au moyen de l’étiquetage explicite et bien en évidence des produits.

Aujourd’hui, les sports professionnels en Amérique du Nord, y compris la National Football League et la Ligue nationale de hockey, font face à des choix similaires. Les preuves médicales sont désormais irréfutables en ce qui a trait aux conséquences pour la santé des coups reçus à la tête et des traumatismes crâniens qu’ils causent. Même si les sports de contact comme le hockey et le football comportent des risques de blessure inévitables, les propriétaires de ces sports ont néanmoins  un « devoir de vigilance » afin de fournir un environnement de travail sécuritaire à leurs employés – en l’occurrence, les athlètes.

Les propriétaires d’équipes de football et de hockey peuvent choisir d’ignorer l’accumulation des preuves médicales et prétendre que leurs sports sont très bien tels qu’ils sont. Ou ils peuvent choisir de faire la bonne chose et adopter une politique et modifier leurs règlements de manière à fournir une expérience sportive plus sécuritaire pour leurs athlètes.

S’ils croient que leurs clients veulent que leur sport demeure inchangé, pourront-ils ignorer la santé de leurs athlètes et satisfaire les amateurs? Il est à souhaiter que les propriétaires croient que la santé de leurs athlètes revêt une importance souveraine et qu’ils agiront rapidement afin d’adopter les changements aux règlements et imposer les sanctions appropriées afin d’éliminer de leurs sports les coups à la tête gratuits.

S’ils ne sont pas disposés prendre de telles mesures, alors les gouvernements devront s’en mêler – avant qu’il ne soit trop tard et que davantage d’athlètes souffrent de façon non nécessaire – et réglementer une industrie incapable de se réguler elle-même, comme ils l’ont fait dans le cas de l’industrie du tabac.

Par souci de ceux qui jouent et des enfants qui les observent, nous ne pouvons qu’espérer qu’ils choisissent la santé plutôt que la richesse.

Pour plus d’information et des ressources sur la prévention des commotions cérébrales, visitez le site www.cces.ca/fr/activeandsafe.

Paul Melia

Président et directeur général, CCES

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