Le sport professionnel prend-il le sport sain au sérieux?

Une fois de plus, une rumeur voudrait que des joueurs de la Ligue majeure de baseball (LMB) aient fait usage de substances destinées à augmenter l. Ce sujet brûlant, qui fera bientôt l’actualité et qui concernerait plus de 20 joueurs de la LMB, jette les projecteurs sur la ligue, tout en nuisant à d’autres sports professionnels nord-américains.

D’une part, cette rumeur suggère que la LMB tente de mettre un terme de plein front à l’usage de substances destinées à augmenter l. D’autre part, il semblerait que la LMB soit aux prises avec ce problème depuis plus d’une décennie et que l’usage de substances destinées à augmenter l continue de détourner l’attention des performances des joueurs sur le terrain et de l’intégrité de leur jeu. Malgré tout, de plus en plus de joueurs de la LMB semblent se doper.

Indirectement, la rumeur nous pousse à nous demander ce qui peut bien se passer dans les trois autres principaux sports professionnels nord-américains (à savoir, la Ligue nationale de football [LNF], la National Basketball Association [NBA] et la Ligue nationale de hockey [LNH]) en matière de politiques portant sur les substances destinées à augmenter l. Nous n’entendons presque jamais parler de dopage dans ces sports. L’une de ces ligues connaît‑elle un problème d’usage de substances destinées à augmenter l (pensez au défenseur de première ligne de la LNF)? Les ligues gèrent-elles le problème de façon moins transparente (pensez au renard qui surveille la cage à poules)? Ou bien le traitent-elles comme un problème qui devrait être géré selon l’opinion publique plutôt que comme un problème grave de santé et de sécurité à aborder?

Devant tant  d’inaction, le public doute de l’intégrité du jeu auquel il assiste et les jeunes enfants des moyens qu’ils pourraient utiliser pour imiter leurs héros sportifs (pensez aux boissons énergisantes, aux suppléments et aux substances destinées à augmenter l). Il est fort possible que l’athlète professionnel serve de pion, malgré lui, à la roulette russe, car les équipes jouent rapidement pour finalement perdre la santé et la sécurité de leurs athlètes, tout cela pour divertir le client qui paie et réaliser des profits. Les joueurs pourraient bien, également, ne pas être aussi innocents qu'ils en ont l'air, tout simplement enclins à tricher pour s’assurer la gloire et une belle fortune.

La pression externe exercée pour se doper ne diminuera pas. La pression que subissent les propriétaires et leur personnel de direction pour divertir et pour réaliser des profits continuera d’être maintenue. Et, si l’on tient compte de l’argent à faire dans ces sports professionnels, la pression exercée sur les athlètes pour gagner le plus possible de compétitions afin de passer au niveau suivant continue d’augmenter, sans oublier la pression que les athlètes subissent pour revenir trop rapidement au jeu après une blessure ou pour demeurer compétitifs afin de retarder leur retraite. Les athlètes auront toujours des raisons de se doper. Si nous ignorons le dopage dans le sport professionnel, compte tenu de ces types de pression, nous ne devrions pas être surpris que le problème semble persister.

Toutefois, si nous centrons nos efforts sur l’intégrité du jeu (règles du jeu équitables), de même que sur la santé et la sécurité de l’athlète, y compris le bien‑être des jeunes enfants sur lesquels ils ont une influence, la résolution du problème de dopage devrait reposer sur des solutions efficaces. La solution au dopage dans l’industrie du sport professionnel nord-américain est très claire : adopter le Code mondial antidopage et s’assurer que la planification des contrôles du dopage, le prélèvement des échantillons, la gestion des résultats et les processus d’arbitrage soient gérés par une tierce partie crédible et indépendante.

C’est seulement lorsque la LMB, la LNF, la NBA et la LNH adopteront le Code mondial antidopage que nous saurons qu’elles désirent vraiment mettre un terme au dopage dans leur sport respectif.