Le sport professionnel : davantage tolérant envers le dopage?

Il y a plus de 25 ans, un échantillon de Ben Johnson prélevé aux Jeux olympiques de Séoul, Corée, révélait la présence de stéroïdes anabolisants. Cette violation des règles antidopage lui a valu l’interdiction de s’impliquer dans le sport pendant quatre ans. Je crois qu’il est juste de dire que la communauté sportive, le gouvernement et le public canadien ont tourné le dos à Ben. Du jour au lendemain, il est passé de héros sportif à vaurien. Cette situation a envoyé un message puissant aux athlètes de tous les sports : le dopage sportif n’a pas sa place. Si vous vous dopez, vous serez banni.

Comparez cette situation à la violation des règles antidopage de l’an dernier de Nelson Cruz, joueur de la Ligue majeure de baseball (LMB). Cruz a été impliqué dans le scandale de dopage sur la biogenèse et a reçu une suspension de 50 parties en vertu des règles antidopage de la LMB. Récemment, la présence de Cruz à titre de joueur partant dans le cadre de la partie des étoiles de la LMB a été confirmée. Après sa violation des règles antidopage, il semblerait que Cruz soit passé de héros à étoile.

Ces deux cas soulèvent certaines questions intéressantes. Sommes-nous davantage tolérants envers le dopage? Avons-nous été trop durs envers Ben? Avons-nous été trop indulgents envers Nelson? Quelle est la sanction appropriée dans le cadre d’une violation des règles antidopage? Quel message envoyons-nous aux athlètes? Qu’en est-il de l’inquiétude du public concernant le dopage dans la LMB?

Nous savons très bien que plus un athlète remporte du succès (à savoir, célébrité et fortune), plus il est tenté de se doper. Aujourd’hui, les athlètes reçoivent des montants d’argent et acquièrent une notoriété sans précédent pour pratiquer le sport qu’ils aiment. La tentation de se doper et la pression exercée pour qu’ils se dopent n’ont jamais été aussi grandes. Les substances dopantes n’ont jamais été aussi accessibles et le besoin d’abolir le dopage dans le sport n’a jamais été aussi important et pressant.

Si nous voulons vraiment abolir le dopage sportif, le sport doit créer un front commun pour lutter contre le dopage. Tous les sports, toutes les ligues, dans tous les pays doivent agir de la même façon si nous voulons écarter la menace du dopage et le tort qu’elle peut causer. Heureusement, un tel front commun existe déjà : le Code mondial antidopage. Le Code a été adopté par plus de 70 organismes internationaux de réglementation des sports et de 200 pays. Malheureusement, la LMB fait partie des ligues de sport qui n’a pas encore adopté le Code.

Quand des ligues professionnelles comme la LMB choisissent de ne pas adopter le Code mondial antidopage, elles nuisent à l’efficacité de la lutte internationale contre le dopage dans tous les sports.